Votre langage corporel


Votre voix

La voix est un enjeu primordial dans la présentation orale. Il s’agit de placer cette voix qui nous est naturelle et pourtant inconnue (toutes celles et tous ceux qui se sont écoutés sur un enregistrement ont été surpris et peut-être déçus). Le bon placement se fait quand on a réussi à harmoniser les facteurs suivants :

■ L’intensité; ■ L’articulation; ■ Le rythme ; ■ La vitesse ; ■ Le dynamisme.

Intensité L’intensité diffère selon que vous avez devant vous un seul examinateur (face-à-face d’examen ou de concours, entretien, présentation à un chef), un jury (soutenance, présentation de projet à une équipe, examen d’entrée), ou si vous faites une présentation devant un public. Contrairement à la conversation en tête-à-tête, une intervention en public implique de projeter votre voix. Attention ! On y fait généralement attention au début de l’intervention, puis on se relâche et on oublie, notamment en fin de phrases. Entraînez-vous à maintenir l’intensité.

Articulation Vos propos doivent être parfaitement compréhensibles par tout votre auditoire. Il est donc nécessaire de s’entraîner pour améliorer votre diction et votre articulation. Pour bien articuler, pensez aussi à bien inspirer.

Rythme Pour garder votre auditoire en éveil, vous devez donner un rythme à votre intervention. La monotonie ne doit pas s’installer. C’est la succession de membres de phrases, accentués grâce aux pauses, qui va créer cet indispensable rythme. Vous devez apprendre à varier les temps de pauses, à inspirer à des moments choisis, pour rendre votre intervention rythmée, et donc vivante. Vous avez déjà écouté des conteurs : c’est par le rythme qu’ils rendent le récit vivant, captivant. Tout comme eux, lors d’une présentation orale, vous modulerez votre voix. Vous marquerez des pauses selon le sens du texte et l’effet que vous voulez donner.

Vitesse La vitesse est votre ennemi : si vous allez trop vite, vous risquez de ne pas articuler, de mal respirer (et de couper également la respiration aux auditeurs), de vous fatiguer (et de les fatiguer). Si vous commencez à bafouiller, c’est probablement que votre débit est trop rapide. Stop. Respirez. N’hésitez pas à ralentir et articulez davantage. Faites des pauses : elles permettent à vous-même et au public de respirer, d’assimiler, de réfléchir. Une pause longue ou inattendue va créer la surprise, donc attirer l’attention. Qu’est-ce qui réveillait le meunier ? Non pas le bruit du moulin, mais quand celui-ci s’arrêtait !

Dynamisme Votre voix transmet votre énergie et votre enthousiasme. Selon le message que vous faites passer, ou l’effet que vous voulez produire, vous allez accélérer, ralentir, appuyer un argument. Entraînez-vous à présenter des textes en tenant compte des indications précédentes. L’important, c’est que vous soyez à l’aise.

Votre posture et vos gestes

Avant tout, restez vous-même. Il ne s’agit pas de changer ce que vous êtes, mais seulement de modifier légèrement vos attitudes et vos gestes pour montrer :

  • Votre assurance, qui peut se traduire par : – un bon appui sur les deux pieds, – un bon positionnement sur la chaise, – une cage thoracique ouverte (redressez-vous, relevez les épaules) !
  • Votre dynamisme, qui peut se traduire par : – des bras et des mains mobiles, – un regard vivant, – un visage expressif.
  • Votre satisfaction d’être devant l’auditoire, qui peut se traduire par : – le sourire, – le contact (voir la sous-section suivante).

Quant à vos mains, laissez-les s’exprimer naturellement ! Veillez seulement à ne pas manifester votre agitation en triturant nerveusement un objet, en faisant vriller une mèche de cheveux, ou en frottant une partie de votre visage… de la discrétion !

L’importance du non verbal Dans la communication, on insiste sur l’importance du non verbal. On dit que 20 % du message passent par la voix, 35 % par le discours et enfin 45 % par le corps. Bien sûr, dans une présentation orale, les auditeurs sont attentifs au contenu, mais n’oubliez pas cependant l’importance du non verbal.

Votre regard

Vous est-il arrivé de parler à quelqu’un qui évitait votre regard ? Vous avez peut-être eu l’impression qu’il n’était pas intéressé par votre propos, qu’il était peut-être fuyant, gêné, ou simplement plongé dans ses pensées. Si vous êtes au milieu d’un auditoire et que le regard de l’orateur se pose sur vous, ne vous sentez-vous pas impliqué, ou davantage concerné par son discours ?

Le regard est un moyen d’expression qui traduit votre assurance, votre dynamisme, votre satisfaction d’être présent, mais aussi l’intérêt que vous ressentez pour ce que vous dites et pour ce que vous écoutez. Le regard est également le moyen d’installer, puis de maintenir le contact. Regardez l’interlocuteur à qui vous parlez et qui vous répond, sans oublier les autres.

Il est parfois difficile de savoir qui regarder, où regarder, lorsque l’on s’exprime devant de nombreux auditeurs. Dans ce cas de figure, plusieurs possibilités s’offrent à vous, utilisez-les toutes pour varier le contact que vous installez avec votre auditoire. Vous pouvez alternativement :

  • Fixer un point dans l’assemblée ;
  • Balayer de votre regard de droite à gauche et de gauche à droite ;
  • Poser votre regard quelques secondes sur des personnes de l’auditoire, en alternant.

Et surtout, si vous avez besoin de vous rassurer, n’hésitez pas à retourner vers le (ou les) visage(s) bienveillant(s) que vous avez repéré(s).

Votre attitude

À l’oral comme dans tous les domaines, les premiers contacts sont importants. Faire bonne impression au jury est un élément capital : ne laissez pas passer votre chance ! Les examinateurs ou le public vont vous observer avec attention, l’image que vous renvoyez a une influence sur l’évaluation de votre présentation. Ne négligez aucun détail, à aucun moment : l’observation commence dès que vous êtes « sous le feu des projecteurs » (ou en tout cas sous le regard du jury, de l’examinateur, de l’auditoire, etc.).

Explications Suggestions
L’arrivée L’arrivée, c’est la prise de contact. Si la présentation qui suit est mauvaise, l’auditoire aura une confirmation de l’attitude initiale; si elle est bonne, l’auditoire pourra être gêné par la contradiction. Etre souriant et rester neutre. Éviter les manifestations excessives d’intérêt ou de désintérêt.
La tenue Il serait dommage que le jury ou le public soit influencé par des éléments vestimentaires. Avoir une tenue négligée montre un manque de considération pour l’auditoire. Un excès d’élégance peut passer pour de la séduction. Un habillement trop affecté manque de naturel. Mettre une tenue à la fois sérieuse et sobre. Choisir un vêtement dans lequel on se sent à l’aise.